un peu d'histoire...

Publié le par Marie-Christine RULLIÉ

 

 

 

 

Cette année, les élèves de 2de du lycée Saint Joseph de Cluny vont redonner à Monsieur Charles Triouleyre ses lettres de noblesse en reprenant sa méthode pour "l'acquisition et l'amélioration de la vitesse".

Mais qui est donc  Monsieur Charles Triouleyres ?

de 1924 à 1967, Président de l'association professionnelle des dactylographes français

en 1955, Président du jury international aux championnats du monde de dactylographie à Monaco

en 1957, Président du jury international aux championnats du monde de dactylographie à Milan,

en 1959, Président du jury international   "                                  "                  "           à Vienne,

en 1961, Président            "                   "                                   "                  "           à Wiesbaden,

en 1909, Champion dactylographe de l'Union des Sociétés de Sténographie et de Dactylographie

en 1918, virtuose de l'Académie Dactylographique de France

en 1930, à Paris, 1er lauréat du Concours National du Parfait Secrétaire

en 1931, à la Foire de Paris, champion national de Dactylographie

 

et, de 1928 à 1964, recordman européen de régularité !

Revenez donc sur les mots soulignés et voyez toute l'importance et la noblesse données alors à la Dactylographie (avec un "D" majuscule !) :

Il existait même des championnats du monde et donc, des champions !

 

Pour participer à un championnat de vitesse, il ne fallait pas taper au-dessous de 60 mots à la minute, soit 21 600 frappes à l'heure. Chaque faute entraînait une pénalisation de 20 frappes et, pour être classée, l'épreuve ne devait pas contenir plus d'une faute par 200 frappes.

Citons quelques champions de vitesse :

Madame CHAUBERT-PIAU,

avec 88,52 mots nets par minute, sur une frappe d'une heure

Madame SECHET-VERGNE,

avec 71,69 mots nets à la minute, sur un exercice d'une demi-heure

Mademoiselle VERDOIS,

avec 70,28 mots nets par minute sur une distance d'un quart d'heure !

Citons encore d'autres noms, mais cette fois pour leur record de régularité :

Sur une heure :

Monsieur Charles TRIOULEYRE,

5 fautes sur 26 571 frappes,

soit 1 faute par 5 314 frappes, à la vitesse de 73.80 mots/minute

Sur une demi-heure :

Mademoiselle AUBERT,

1 faute sur 8 921 frappes, à la vitesse de 49,56 mots minute

Au quart d'heure :

Madame BINET,

1 faute sur 5 005 frappes, à la vitesse de 55,5 mots minute

Et, enfin, coupe de régularité (1964), durée 1 heure :

Madame LESBORDES-SAINDON,

27 229 frappes, 5 fautes à la vitesse de 75,33 mots/minute

soit 1 faute par 5 445 frappes

Hallucinant ! n'est-ce pas ! Surtout lorsqu'on se souvient du matériel utilisé !

 

 

 


Monsieur Charles Triouleyre est aussi celui qui publia la "méthode pour l'acquisition et l'amélioration de la vitesse et de la régularité dactylographiques" :

 

Son ouvrage, dont la dernière publication date de septembre 1968, m'a été donné par Soeur Myriam dans les années 1980. Je débutais alors dans l'enseignement et Soeur Myriam était Directrice du Cours commercial, situé, à cette époque, sur la place des cocotiers.

Cette méthode m'a suivie toute ma carrière, et aujourd'hui encore, quoique certains la jugeraient désuète, je pense qu'elle a toujours sa place dans notre enseignement du clavier.

D'ailleurs, je vous laisse découvrir les instructions générales de l'ouvrage de Monsieur Charles Triouleyre. N'ont-elles pas encore leur raison d'être à l'heure de l'informatique ?

"INSTRUCTIONS GÉNÉRALES

"L'entraînement est aussi nécessaire pour obtenir ou augmenter la vitesse dactylographique qu'il l'est pour un pianiste qui veut se perfectionner. Que fait ce dernier ? Des gammes...

"C'est-à-dire quil répète, chaque jour, des exercices destinés à améliorer sa vélocité et sa précision de doigté.

"Ces exercices spéciaux donnent l'automatisme, condition indispensable pour atteindre le but recherché ; ils permettent d'obtenir des résultats beaucoup  plus rapides que le procédé consistant à copier des textes toujours nouveaux, qui n'assurent pas la sûreté et la régularité de doigté désirables."

..."Ne perdez jamais de vue qu'il ne suffit pas, pour être apprécié, de taper vite, mais que l'on vous jugera surtout par le travail impeccable que vous remettrez".

(je vous laisse méditer sur cette dernière phrase !...)

 

 

 

Publié dans module

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

MC 23/03/2007 06:08

Je suis vraiment d'accord pour montrer plus de rigueur dans l'apprentissage du clavier, les premiers à s'en réjouir sont nous les professionnels. Quand les élèves arrivent en entreprise, tapent vite en ayant une bonne attiude au poste de travail, c'est un PLUS incontestable. Continuez, le souci du travail bien fait reste une vraie valeur.

Marie-Christine RULLIÉ 26/03/2007 06:50

Merci de vos encouragements !
Nous vous ferons part, les élèves et moi-même, des progrès réalisés par les "petites secondes".